Savez-vous ce que vos enfants mangent chaque jour, à la cantine ? Lisez-vous les menus affichés à l’école ? Les villes sont tenues de proposer des repas équilibrés aux enfants scolarisés. Mais que contiennent réellement les assiettes de vos enfants ? 

Une majorité de villes a délégué la fabrication des repas à des prestataires de restauration collective. Ces derniers fabriquent et conditionnent les repas dans des cuisines centrales de tailles variables, souvent très grandes puisqu’elles fabriquent jusqu’à 65 000 repas par jour ! Pour un tel rendement, ce n’est malheureusement plus de la cuisine mais de « l’usinage » ou de l’assemblage de produits déjà transformés ou ultra-transformés. Les messages publics vous invitent à ne pas manger « trop gras, trop salé trop sucré », mais ce sont bien ces produits qui se retrouvent dans les assiettes de nos enfants. Si ces repas sont tenus de respecter certaines règles minimales (équilibre alimentaire, hygiène…), ils ne sont néanmoins pas forcément sains pour nos enfants. Peu de communes sont vertueuses sur ce sujet. Et au-delà de la qualité proposée, comment les repas sont-ils transportés ?  Les cuisines centrales (« usines ») sont souvent situées loin des villes destinataires, les plats sont fabriqués jusqu’à 5 jours à l’avance (voire jusqu’à 2 semaines dans certaines villes), conditionnés dans des barquettes en plastique à usage unique, puis acheminées par des dizaines de camions jusque dans les écoles, où ils seront réchauffés à même ces barquettes en plastique. Autant vous dire qu’il n’y a plus rien de sain dans l’assiette !

Les produits ultra-transformés et le plastique contiennent des perturbateurs endocriniens (substances mimant ou bloquant les hormones humaines) responsables de nombreuses pathologies telles que : diabète, obésité, puberté précoce, infertilité, cancers pédiatriques hormonaux dépendants, retard de QI, hyperactivité… Sans oublier les tonnes de déchets plastiques produits…

Alors oui, chers parents et citoyens, il est possible de manger sainement en collectivité. 

Pour cela, demandez/exigez à vos élus que vos enfants puissent bénéficier de repas sans danger pour leur santé ni pour l’environnement. Choisissez des prestataires vertueux (il y en a !) ou relocalisez la production des repas en ville ;  imposez un cahier des charges précis et valorisant, comme la loi EgaLim le prévoit, des produits de saison, bio, locaux (méfiez-vous des « circuits courts » : un produit venant directement de Chine est considéré comme un « circuit-court »). Demandez des recettes simples mais bien exécutées.  Imposez les contenants durables comme l’inox, la porcelaine ou le verre. N’hésitez pas à vous faire aider par des associations de parents militants tels que « Cantine Sans Plastique France ». 

Soyez acteurs et participez ainsi positivement à l’éducation de vos enfants.

Tania Pacheff

Diététicienne-nutritionniste

Présidente de l’association Cantine Sans Plastique France

 

Image par Romain DEL BUONO