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Pour une ville qui nous protège

Inondations de la Seine et de l’Essonne, urgence à intervenir

Le Mardi 13 Mars, 50 Corbeil-Essonnois-ses ont débattu des problématiques de l’eau et des inondations survenues dans notre ville après la passionnante conférence de Jean-Luc Combrisson. Retour sur cette rencontre.

Corbeil-Essonnes est une ville d’eau, située à la confluence de la Seine et de la rivière Essonne. C’est un atout pour son développement économique ainsi que pour notre cadre de vie et nos loisirs. Les crues de juin 2016 et janvier 2018 nous ont rappelé que cela n’était pas sans risque.

A quoi sont dues les inondations ?

Au débordement des cours d’eau, au refoulement des réseaux d’assainissement, à la remontée des nappes phréatiques et au ruissellement superficiel. A l’origine de ces phénomènes, on constate bien évidemment le développement urbain excessif et l’agriculture intensive qui ont imperméabilisé les sols. Ces deux phénomènes sont amplifiés aujourd’hui par le dérèglement climatique qui accentue les fortes précipitations. La plus grande crue de la Seine jamais mesurée à Paris date de 1658. Celle de 1910 a atteint 8,60 m, au niveau de l’actuel Pont d’Austerlitz. En comparaison, les crues de juin 2016 et de janvier 2018 n’ont atteint respectivement que 6,10 m et 5,85 m. A Corbeil-Essonnes, le niveau de la Seine a donc atteint, lors de la récente crue, une cote inférieure d’environ 2,70 m à la fameuse crue centennale de 1910. Quant à la crue de l’Essonne de juin 2016, elle peut être considérée comme centennale, notre ville ayant été grandement épargnée grâce aux lourds investissements réalisés par le SIARCE, notamment la restauration des ouvrages hydrauliques du Moulin d’Echarcon. En France, 6 millions de personnes vivent en zone inondable. La sensibilité d’une commune aux inondations repose sur la présence de cours d’eau, la nature des sols, la topographie, les caractéristiques des constructions et la météorologie locale.

“Il y a urgence à revoir le plan de prévention de la rivière Essonne….”

Sur Corbeil-Essonnes, le relief est important et l’hydrogéologie des quartiers est hétérogène.

La vallée de la Seine est une plaine alluviale (composée de sédiments transportés par le fleuve) dont le niveau de l’aquifère est directement lié à celui du fleuve. Chez nous, les impacts des crues vingtennales sont limités par les dispositifs anti-crues réalisés par la municipalité, entre 1983 et 1989. La vallée de l’Essonne est constituée de tourbe issue de la décomposition des végétaux. Les immeubles riverains sont ainsi fondés sur des pieux dont les têtes doivent être toujours immergées, d’où l’importance d’une gestion de la rivière à niveaux constants.Les coteaux comportent des couches argileuses qui conditionnent les circulations d’eau souterraines et qui peuvent engendrer des coulées de boue et des glissements de terrains (voir l’épisode récent de la Montagne des Glaises).

Y a-t-il un risque de subir des inondations de la même importance que la crue de 1910, à court ou moyen terme ?

La réponse est positive, la capacité d’écrêtement des 4 grands lacs réservoirs (mis en service de 1960 à 1990) ayant un impact limité. Toutes les études mettent en avant le manque d’investissements des Pouvoirs publics depuis 40 ans. Les conclusions de l’étude commandée à l’OCDE pour évaluer les dégâts d’une crue centennale de la Seine, font froid dans le dos : 5 millions d’habitants touchés et privés d’eau pendant une longue période, 2,5 millions de personnes privées d’électricité, 180 000 entreprises concernées, 400 000 pertes d’emploi. Le rapport évoque 30 milliards d’euros de dommages directs (auxquels on peut ajouter autant de dommages indirects), soit 3 points de PIB.

Et à Corbeil-Essonnes ?

La Seine est un cours d’eau domanial dont la responsabilité incombe à l’Etat, contrairement à la rivière Essonne dont la gestion est intercommunale. Il appartient donc à l’Etat et au SIARCE de prendre des mesures visant à prévenir les crues et à lutter contre les inondations. Quand le projet de 5ème réservoir (sur la Bassée) est estimé à 600 millions d’euros, on imagine aisément qu’avec un budget annuel de 5 milliards d’euros (équivalent à la perte de recettes dues à la suppression de l’impôt sur la fortune et à la baisse de la taxation des dividendes), l’Etat pourrait limiter grandement les impacts de la prochaine crue centennale. Le SIARCE doit revoir ses priorités (1 million d’euros consacré à la prévention des inondations de l’Essonne sur un contrat de bassin 2015-2018 de 82 millions d’euros !) et actualiser le Schéma directeur d’assainissement de Corbeil-Essonnes.Quant à la Municipalité, elle peut procéder à des travaux supplémentaires afin de mieux protéger le quartier du Bas-Coudray et des Bas-Vignons. Elle doit limiter les impacts écologiques de sa politique de développement urbain, veiller au bon entretien des voiries et réseaux et intervenir afin que l’Etat et le SIARCE élèvent leur niveau de responsabilité et d’efficacité.

PORTRAIT

Jean-Luc Combrisson

Ancien Directeur Général du SIARCE de 1995 à 2011. Le Syndicat Intercommunal d’Aménagement, de Réseaux et du Cycle de l’Eau a pour activité de gérer et d’entretenir les cours d’eau du territoire et de gérer l’assainissement des eaux usées des villes adhérentes. De 1975 à 1992, il fût Dirceteur des services techniques de la ville de Corbeil-Essonnes.,

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