DE LA NÉCESSITÉ DE «L’HEURE PROJET»

Défendre la 3ème heure d’EPS en seconde pour apprendre à faire société •

En y réfléchissant bien, notre lycée pourrait être un monstre….

Plus de 2700 élèves, près de 300 enseignants sans compter le personnel administratif et les agents de maintenance et d’entretien. Le plus gros lycée de l’académie de Versailles, un vrai village en soi situé au cœur d’une zone sensible.

 

Doisneau est un lycée polyvalent qui propose des filières et des parcours très divers. Des élèves extrêmement différents se côtoient et sont regroupés au sein d’un même établissement. Les villes et les quartiers où ils vivent, les situations sociales demeurent très hétérogènes. Le métier d’enseignant est aussi très différent d’une classe à l’autre: faire cours à des techniciens d’usinage est très différent de faire cours à des littéraires arts plastiques.

Et pourtant….

Le lycée reste un établissement extrêmement demandé par les familles. Le taux de réussite aux examens est bon. Les enseignants demandent à rester dans cet établissement.

Pourquoi ?

Évidemment, la qualité des enseignements donnés est une des raisons de cette réussite. Cependant, le contexte, le climat à l’intérieur du lycée n

’est-il pas déterminant pour les élèves et pour les enseignants. Avoir un lieu où il fait « bon apprendre », « bon enseigner » n’est-il pas la condition première ? Nous ne considérons pas notre 3ème heure en seconde comme une heure pour l’EPS mais comme une heure au service de l’établissement. Elle est, pour nous, une heure pour construire du lien entre les élèves, entre les enseignants. Elle est une heure qui nous permet de faire vivre les stages d’intégration, le Bal du lycée, la Course du cœur, la semaine de la citoyenneté, le projet intégration au handicap avec le Solibal. Tous ces temps forts sont des rendez-vous où TOUS-TES les élèves (général, techno et pro) se mélangent et partagent des moments authentiques, qui ont du sens pour eux. Ils en sont fiers et du coup, ils sont fiers d’appartenir à ce

lycée. Au regard du contexte social d’aujourd’hui avec le développement de l’individualisation et du repli sur soi, notre projet est loin d’être ringard ou dépassé. Au contraire, il est plus que d’actualité !!! Il est pertinent et nécessaire ! L’école, le lycée (dernier lieu où des publics si différents se côtoient, se mélangent) ne doivent-ils pas être des lieux pour apprendre à faire société, pour apprendre à vivre ensemble ? On n’apprend jamais seul. C’est surtout avec les autres et par les autres qu’on apprend.

Nous ne demandons pas cette 3ème heure pour notre discipline, pour défendre notre « pré carré de l’EPS ». Nous sommes convaincus qu’elle répond à des besoins de société, à de réels enjeux.

Séverine BERTRAND

Enseignante au lycée Doisneau