Emploi

Une PME et 100 emplois en danger ?

La situation d’Hélio Corbeil depuis sa reprise en SCOP en 2012 par les salariés sous l’impulsion de la CGT nous permet de tirer plusieurs enseignements. Parole à son directeur, Bruno ARASA.

Les salariés savent faire fonctionner une entreprise, peut-être même mieux que les directions financières précédentes. A titre d’information, les deux autres entreprises issues de notre groupe ont toutes connu des défaillances avec des dettes depuis 2012. C’est malheureusement ce qui arrive à nombre d’entreprises des arts graphiques qui sous la pression des donneurs d’ordre acceptent de vendre à perte. Notre refus de cette règle du jeu nous a permis de résister jusque-là. L’intervention de Serge Dassault auprès de son propre groupe « le Figaro » pour ne pas nous retirer le titre TV Magazine, qui a toujours été la vache à lait du Figaro (plus de 10 millions de profits par an), nous a permis de refuser les prix à perte. Depuis son décès, voilà que les responsables du Figaro veulent à nouveau plus de profit en nous menaçant de partir.

Ce client représente 80% de notre chiffre d’affaires et cela pourrait provoquer la fermeture de l’imprimerie. Malgré la condamnation que le Figaro serait obligé de nous verser (17 Millions€ pour rupture abusive ce qui prouve bien que la question n’est pas économique), aucune solution proposée n’a été retenue. Nous sommes aujourd’hui face au mutisme du Figaro et deJean-Pierre Bechter qui renient la volonté de Serge Dassault. Le rôle d’un maire devrait être plus de nous aider à sauver notre entreprise plutôt que d’aider un promoteur à réaliser une opération juteuse sur notre dos.

Bruno ARASA

Directeur de la SCOP HELIO