« Derrière ces problèmes de RER il y a des humains et leur détresse. Oui leur détresse. Allez sur le quai et interrogez les gens. A cause de tous ces problèmes liés aux retards de trains, vous entendrez des histoires de vie dans lesquelles on vous parlera d’échec à des examens, de licenciements, de refus d’embauche, d’employeurs qui gueulent, partout des conditions de vies dégradées, du mal vivre, de la fatigue, des frais énormes de garde d’enfants quand ce n’est pas des enfants livrés à eux-mêmes en attendant les parents… ». Jean FERRE Responsable d’une association d’usagers

 

« Derrière l’exaspération des voyageurs, il y a aussi des cheminots à bout. Nous comptons dans nos rangs 57 suicidés en 2018 ! Un nombre énorme de cadres quittent la SNCF parce que personne n’écoute leur expertise au profit de choix politiques qui visent prioritairement à mettre les moyens pour relier les centres d’affaire au détriment des déplacements domicile/travail de la population. Derrière nos grèves, il y a surtout la défense du service public ». Yann PIROLI responsable CGT des Cheminots

 

 

Nous étions une soixantaine de personnes ce mercredi 27 Mars pour discuter et nous former collectivement sur les problèmes relatifs au RER D, en comprendre les enjeux et les leviers d’action pour l’avenir. Stéphane Raffalli et Jean-Baptiste Rousseau, maires de Ris-Orangis et de Soisy sur Seine, ainsi que Pierre Garzon, conseiller départemental du Val de marne membre du STIF (Syndicat des Transports d’Ile de France), des responsables d’associations d’usagers ainsi qu’un syndicaliste cheminot étaient présents pour nous éclairer.

Corbeil-Essonnes est un axe historique de moyens de transports : routiers, fluviaux et ferroviaires. Dès 1840 nous faisions partie des 3 seules lignes de train qui reliaient Paris. « Les transports, c’est le sang d’un organisme. Il faut que ça circule pour que la vie soit possible ». Le développement économique de notre ville à travers l’histoire est dû en grande partie à la richesse de ces moyens de transport.

Les choix d’aménagement des gouvernants ne sont pas neutres. Ils valorisent sciemment des pans de territoires au détriment du notre :

  • Sur les 3 millions de m2 de Bureaux présents en Ile de France, 1,8 millions se situe dans le quartier de la Défense.
  • C’est dans nos territoires de Grande Couronne que se situe la croissance démographique la plus forte, croissance qui constitue la main d’œuvre des entreprises du Grand Paris.
  • Pour 7000 nouveaux habitants recensés à Corbeil depuis 10 ans, seuls 300 nouveaux emplois ont été créés ! Notre ville est en densification d’habitat et en perte d’emplois.
  • Résultat : il en résulte des déplacements toujours plus longs entre le domicile et le travail et toujours plus de voyageurs dans les transports en communs. 614 000 voyageurs/jour sur la ligne D du RER aujourd’hui. 900 000 usagers prévus dans 10 ans.
  • Le dernier grand bassin d’emplois le plus proche de l’Essonne qui survive est celui d’Orly. Le manque de transports en commun dans ce secteur engendre une sur-utilisation de la voiture ce qui crée d’énormes ralentissements dans le secteur. Nous sommes proches de la saturation. Les travaux en cours sur le RER C ne permettront que de réduire les dégradations mais pas d’enrayer le phénomène.
  • Le Grand Paris Express qui fera le tour de la grande Couronne pourra aider au trafic mais à la condition qu’il soit connecté au réseau RER.
  • Pour le moment, le Gouvernement et la Région ont fait le choix d’investir 2,2 milliards pour le « Charles de Gaulle Express » qui reliera l’aéroport au quartier de la Défense. A titre de comparaison, seulement 300 millions d’euros auront été investis en 60 ans pour le réseau ferré du centre Essonne.

 

Face à cette situation, nous ne sommes pas impuissants à la condition de la mobilisation de tous : élus, cheminots et usagers. Nous souffrons de l’absence de mobilisation des élus de Corbeil-Essonnes et d’Evry qui ne participent pas à ce combat. Au nom de l’égalité républicaine, nous réclamons un effort supplémentaire de l’Etat dans ce domaine.

Il fallait 56 mn en 1841 pour relier Corbeil à Paris. En 178 ans, nous avons gagné…6 mn ! C’est pourquoi « le Printemps de Corbeil Essonnes » s’associe à la lutte pour un semi-direct vers Paris Gare de Lyon qui réduirait le trajet à 26 mn. De l’aveu même des spécialistes présents, cela serait possible à moyen terme à la condition que l’on s’en donne les moyens.