COMPTE RENDU

Atelier participatif « Faire la ville avec ses habitants »

Introduction d’Elsa TOURE, Présidente du « Printemps de Corbeil Essonnes ».

Elle explique que cette réunion fait suite à une précédente où nous avions invité une géographe qui nous avait expliqué les importantes évolutions de la commune depuis 10 ans :

  • Arrivée de 10 000 nouveaux habitants, en majorité des jeunes couples qui avait porté la population à 51 000 habitants. Cela n’est pas sans conséquences.
  • De nouvelles constructions notamment dans le cadre de l’ANRU.
  • Des difficultés pour ces nouveaux habitants de se projeter dans cette nouvelle vie.
  • L’inscription de Corbeil-Essonnes dans un nouveau projet de réhabilitation du Centre Ville.

Makan RAFATDJOU Architecte et Urbaniste

Le but de cette soirée est d’ouvrir le débat public pour repenser la ville au travers l’expertise des habitants qui y vivent. Elle présente notre invité Makan RAFATDJOU Architecte et Urbaniste qui a travaillé 19 ans à Aubervilliers où il vit. Makan était venu les semaines précédentes se promener et visiter notre ville pour préparer cette réunion.
Makan commence son exposé en nous expliquant que nous vivons une crise globale, économique, sociale, culturelle mais aussi urbanistique. De cette crise apparaissent plusieurs enjeux fondamentaux pour les villes car nous avons oublié les « fondamentaux » et « l’intelligence » du territoire. Ces fondamentaux c’est tout ce qui existait avant la ville et qui demeurera après nous : la seine, l’Essonne, les coteaux, les vallées… ce qu’on appelle les « fondamentaux » du territoire :

  • Il s’agit donc d’abord de « réconcilier » la ville avec son territoire. Par exemple le rôle perdu de la Seine comme vecteur économique, historique, urbanistique, ce rôle, la Seine le retrouvera.
  • Il s’agit ensuite de réconcilier les habitants avec leur territoire. « Habiter c’est laisser des traces » comme le dit Walter BENJAMIN. On ne donne pas seulement un cadre de vie aux habitants. Il faut aussi donner du sens à ce cadre de vie.
    Le devenir métropolitain du Grand Paris change. 40 % des Franciliens sont installés dans seulement 5 % du territoire de l’Ile de France. Cela permet aussi à notre région de demeurer pour une grande partie une région rurale et agricole. Il existe aussi une urgence sociale car on ne maîtrise pas les flux de migration et on ne les maîtrisera encore moins à l’avenir.
  • Le dernier enjeu et peut être le plus important est l’enjeu écologique.

Makan finit son introduction en disant qu’ « habiter » est une vraie compétence humaine comparable au langage.
Puis la parole est donnée à la salle. A partir de la phrase du philosophe Michel de CERTEAU : « C’est le signe qui fait le territoire, sans signe c’est un espace », nous proposons aux personnes de nous donner deux mots, un positif, l’autre négatif, pour illustrer Corbeil Essonnes en imaginant d’autres développements pour la ville. Il est aussi demandé de dire en quoi les habitants sont fiers d’habiter cette ville.

Les points forts et positifs de la ville

  • C’est une ville de liens et de mixité sociale.
  • C’est une ville d’histoire et de patrimoine.
  • C’est une ville qui a un énorme potentiel notamment grâce au croisement de ses axes routiers et ferroviaires et grâce à ses équipements publics variés (lycée, collèges, théatre, MJC, équipements sportifs, stade nautique…).
  • Une ville populaire qui a une histoire faite par toutes ses composantes et notamment l’arrivée de différentes immigrations.
  • C’est une ville d’eau.

Les points négatifs, de nombreuses interventions ont repris les points suivantsUne ville sale et dégradée de manière inquiétante.

  • Des entrées de villes et le quartier de la gare particulièrement dégradés qui donnent une image négative.
  • Un commerce local qui tend à disparaitre et à perdre de sa diversité.
  • Une densité de circulation.
  • La disparition des emplois industriels et de la culture ouvrière qui allait de pair.
  • Des marchands de sommeil et un risque de communautarisation.
  • Les deux entités de Corbeil et Essonnes qui n’ont pas été réunifiées.
  • Une baisse sensible des licenciés sportifs (alors que la population a augmenté) qui tend à révéler une baisse de la participation à la vie sociale.
  • La « disparition » de Corbeil Essonnes au sein de l’agglomération Grand Paris Sud.
  • La disparition et le manque d’espaces verts.
  • « Où avoir 19 ans à Corbeil » ?

« Fierté d’habiter à Corbeil-Essonnes et pas ailleurs »

  • De nombreux habitants disent avoir des attaches historiques, culturelles et familiales très fortes.
  • Certains disent aussi avoir envie d’y rester parce que c’est une ville où on veut s’engager.
  • Fiers d’habiter une « ville monde ».
  • « Cette ville se mérite » a dit quelqu’un.

  • Un imaginaire pour l’avenir

  • Une ville où les injustices reculent par des services publics forts.
  • Une ville d’eau qui doit utiliser tout son potentiel comme le transport fluvial, les sports nautiques ou le patrimoine de ses moulins. Il a été demandé aussi que l’on invente au bord de l’eau des lieux de convivialité et de fête comme des guinguettes.
  • Une ville de biens communs avec des jardins partagés, des parkings de co-voiturages, des espaces de coworking…
  • Un jeune a même demandé la présence d’une boite de nuit.
  • Un développement du petit commerce.

Conclusion de Makan RAFATDJOU

Construire une ville c’est faire le plus grand dénominateur commun entres les désirs mais aussi et surtout les synergies. « On peut avoir tous les éléments de la mayonnaise mais ne pas savoir faire la mayonnaise ». Pour cela il faut faire en sorte que les habitants de la ville se sentent faire partie intégrante de cette ville. Ce n’est pas la qualité des logements qui va faire en sorte que les habitants demeurent sur un territoire mais la qualité de vie de ce territoire. Les habitants partagent un territoire, un commun. Il y a le commun qui nous est donné au départ et le commun qu’on va se créer ensemble d’où la question : « En quoi sommes-nous autorisés à imaginer la ville qu’on souhaite ? » car il n’existe aucun « modèle » de ville. Chaque ville s’invente. C’est la qualité du processus d’invention qui en fait son « bien vivre ».
A partir de ce qu’ont dit les personnes Makan dresse le constat suivant :

  • Corbeil-Essonnes est devenu une « ville monopoly » dans laquelle on pose des immeubles et des programmes.
  • Le logement y est devenu un produit d’investissement qui aura une durée de vie limitée.
  • Les espaces publics n’y sont pas pensés et abandonnés dès l’instant qu’ils génèrent du conflit alors que tout espace public

PROCHAIN EVENEMENT : Rendez-vous pour une promenade urbaine le 1er Décembre 2018.

Vers un nouveau projet de vi(ll)e

Voir l’Edito d’Elsa TOURÉ, Présidente du Printemps de Corbeil-Essonnes

Makan RAFATDJOU, architecte et urbaniste, propose de nous accompagner ces prochains mois pour définir notre projet.

Prochain rendez-vous le samedi 1er décembre 2018 pour découvrir la ville lors d’une promenade urbaine

 

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